Bouteille 115 
Bouteilles

C’EST L’ÉTE... LES CAHIERS AU FEU, LE DIRECTEUR AU MILIEU !
N° 115 – juillet 2009
Eh dis Toto !
C’est l’été, ça sent bon, il fait chaud…
Le Toto, y sait quand c’est l’été ! Fastoche, à l’école, l’été, c’est quand les récrés rallongent.
Bientôt les vacances, même que c’est que pour les enfants! Si, Toto, il en est sur et certain !
L’an dernier, en Juillet, il a vu le dirlo continuer à aller à l’école, tout seul… Et fin Août, tout pareil !
Le Toto, il avait vu un film achti bien, avec des vampires qui dormaient dans des cercueils.
Ben, les dirlos, c’est tout comme : l’été, ils dorment dans les écoles…
Il nous arrive de gagner !
Bonjour à tous,
Un collègue de ma circo, avec un ami avocat, s'est battu au Tribunal Administratif contre les retraits de salaire lié à l'enquête lourde d'il y a quelques années voici son mail:
"Suite à mon recours contre la décision de Monsieur l'Inspecteur d'Académie de nous sanctionner d'une journée de salaire pour avoir refus de remplir et envoyer l'enquête administrative, le TA de Toulon à décidé en date du 25/06, je cite :
Article 1 : l'arrêté en date du 15 janvier 2007 par lequel le recteur de l'académie de Nice a décidé de prélever une retenue de salaire d'un trentième sur le traitement de professeur des écoles de Monsieur X au titre du mois de février 2007 est annulé.
Article 2 : l'Etat versera à Monsieur X la somme de 1000 (mille) euros sur le fondement des dispositions de l'article L761-1 du code de justice administrative.”
C'est pas chouette ça? D'autant, que pour faire jurisprudence pour tous nos collègues directeurs qui ont eu des retenues de salaires, la décision est prise sur, je cite:
« considérant toutefois qu'il ressort des pièces du dossier que c'est en tant que directeur d'école et non en qualité de professeur des écoles que monsieur X ne s'est pas acquitté de son obligation de service et qu'il en résulte qu'il est fondé à soutenir que le recteur de l'académie de nice a commis une erreur de droit en opérant une retenue sur son salaire de professeur des écoles et non sur l'indemnité attachée à l'exercice des fonctions de directeur d'école et à obtenir pour ce motif l'annulation de la décision contestée. »
C'est du lourd les gars!
Aucun directeur d'école ne pourra plus être ponctionné sur son salaire mais juste sur la part qui correspond à ses indemnités de directeur. Pour tous ceux qui se battent contre Base Elève par exemple, c'est une sacrée jurisprudence.
Évidemment, je tiens à disposition de quiconque ayant fait une lettre de recours auquel l'IA n'aurait pas répondu, et qui donc garde ouvert leur droit à contestation devant le TA, le nom de mon avocat qui a le dossier tout prêt."
Elinn BONNARDEL (83)
Commentaire:
Plus que du lourd, du très lourd, et dont on n’a pas fini de mesurer les conséquences…
A lire ce jugement, on a du mal à comprendre comment le seul syndicat qui appelait encore à la grève administrative n’a pas été en justice de la même manière que ce collègue du Var. Il en avait pourtant largement les moyens financiers, les personnels disponibles, les avocats…
Il faudrait qu’il se réveille, sur ce dossier…
Autre point, il est désormais établi que l’on peut contester toutes les retenues de salaire prononcées envers des dirlos ces dernières années, que ce soit en raison de la grève administrative ou pour des affaires plus récentes (Base-Elèves, désobéisseurs).
Et surtout, le Tribunal Administratif pose les bases d’une jurisprudence claire: les dirlos ne sont pas des instits comme les autres et notre fonction ne peut être assimilée à celle d’un Professeur des Ecoles.
Le GDID s’est adressé au nouveau Ministre de l’Education pour lui demander, sur la base de cet arrêt, la levée de toutes les sanctions financières prises à l’encontre des directrices et directeurs d’école ces dix dernières années…
EN CONSCIENCE, JE REFUSE DE DESOBEIR !
« Il y a des tas de manières de se battre, la votre est mauvaise.. »
Th Fabre.
En conscience, tu refuses de désobéir.
Alors il faut avoir conscience, que l'action syndicale classique est non seulement devenue inefficace mais contre-productive: combien de collègues vont quitter le navire des grands syndicats après cette année terrible?
Alors il faut avoir conscience que ne pas désobéir c'est cautionner les réformes et les dispositifs en cours, même lorsqu'ils s'agit d'introduire des valeurs contraires à l'école publique, laïque, gratuite, égalitaire.
Ne pas désobéir :
c'est entériner la disparition des Rased;
c'est valider le dispositif d'aide personnalisée qui allonge la journée de classe sans apporter les réponses à l'échec scolaire;
c'est mettre en place des programmes massivement rejetés par l'ensemble des enseignants du primaire lors de la consultation de 2008;
c'est ne pas voir à quel point ces programmes sont inadaptés et idéologiques plutôt que pédagogiques;
c'est considérer que les évaluations nationales (mal calibrées, inutiles, et portant en germe la mise en concurrence des écoles) sont une obligation supérieure à notre devoir de protection des enfants;
c'est souvent, pour de nombreux collègues, chercher des moyens de contourner, de masquer, d'atténuer, de s'arranger pour ménager les élèves et leur famille tout en restant dans le cahier des charges des inspections. (allongement du temps de passation des épreuves, leçons dans l'urgence pour traiter des points à peine abordés, fraude sur les résultats...)
Ne pas désobéir :
c'est aussi ne pas voir que dès l'année prochaine les TPS ne seront plus en classe et qu'1/3 des PS pourrait ne plus accéder à l'école;
c'est accepter que les jardins d'éveil payants remplacent l'école gratuite;
c'est oublier que les EPEP vont resurgir à l'automne (peut-être sous un autre nom) et seront la cause de la fermeture de centaines d'écoles rurales;
c'est encore ne pas voir que le financement des écoles privées par les communes vient de faire un nouveau bond en avant avec la loi "Carles";
c'est se contenter d'un recrutement des profs remplaçants payés à 8,71 euros de l'heure, et d'une formation des maîtres au rabais;
Alors bien sûr, tout ce qui précède est totalement faux, car si nous n'étions que 3000 désobéisseurs à avoir conscience du triste état dans lequel ce gouvernement plonge l'école publique, nous ne serions que 3000 prétentieux, que 3000 donneurs de leçons... mais la réalité est que nous sommes une majorité d'instits conscients du danger qui nous guette.
Il n'y a pas les bons et les mauvais, les justes et les traîtres, les justiciers et les moutons, il n'y a que des femmes et des hommes convaincus, sincères, mais parfois fragiles.
Les uns ont choisi de s'exprimer par la contestation radicale, car au fond d'eux ils savent que l'adversaire est redoutable de vice et d'efficacité, les autres préfèrent s'en tenir à des formes de résistance plus masquées, souvent par craintes des représailles qui ne manquent déjà pas de tomber.
Dans l'armée, il paraît qu'on utilise cette formule : "penser c'est commencer à désobéir", alors vous devez savoir qu'au fond de chacun d'entre-vous se cache un désobéisseur en puissance, et si demain nous sommes seulement 3 ou 4 fois plus alors ils renonceront à détruire cette école que nous tenons tous à bout de bras.
Et ce n'est pas se renier, bien au contraire, que d'entrer en désobéissance.
Le premier devoir d'un fonctionnaire est de ne pas oublier qu'il est un citoyen au service d'autres citoyens... Reste à savoir comment et quel service on souhaite rendre.
En conscience, je continuerai de désobéir pour servir L'école du peuple.
Sébastien Goyer Ecole St Front (16)
En réponse...
piquée sans vergogne à Grégoire, sur le site du GDID : rien ne sert d’accumuler les références aux mesures gouvernementales. C’est bien de la riposte à ces mesures qu’il s’agit et du type d’action que l’on met en oeuvre. Je dis et je maintiens que ce mouvement de désobéissance est totalement incompatible avec ce que nous sommes (des membres du Service Public), ce que nous faisons (en tant qu’enseignants), ce que nous incarnons (la République).
En cas d’alternance politique, les tenants du libéralisme scolaire pourront à leur tour justifier leur refus de toute réforme par le précédent historique initié cette année. Ce serait la fin d’une certaine conception de l’idée d’Etat Républicain et du rôle des fonctionnaires comme garants du contrat social. Je ne peux y souscrire même si le courage individuel de ceux qui se déclarent désobéisseurs est à souligner.
EST-CE QUE CE MONDE EST SERIEUX ?
Dans nos beaux bureaux flambants neuf, trônent les merveilles de la technologie : téléphone, répondeur, fax, ordinateur… Outils dont le rôle évident est de nous permettre de travailler. Or, en cette fin d’année, un peu plus que d’habitude, ces outils se révoltent !
L’ordinateur crache mail sur mail, tous autant emplis d’enquêtes, de questionnaires, de messages en tous genres. Le fax dévide des bobines entières de rappels et de retours à faire pour hier. Quand au téléphone, il sonne sans interruption, de l’aube au crépuscule.
Du coup, mardi, sur mon petit quart de décharge, j’ai débranché l’ordinateur, coupé le téléphone, le fax, barricadé mon bureau, fermé la fenêtre et j’ai enfin pu travailler…
En toute bonne logique, notre mammouth devrait veiller à notre productivité. Pour cela, il lui suffirait de supprimer les mails, et de ne plus communiquer que par plis délivrés par pigeons-voyageurs….
On s’écrit !
Ce n'est qu'un "au revoir" ! Dans très exactement 11 jours (de classe), soit le 2 juillet 2009 au soir, je quitterai définitivement l'Education Nationale au service de laquelle j'aurai pris beaucoup de plaisir depuis plusieurs décennies.
Je pars l'esprit tranquille. En effet, mes fonctions de Maître-Formateur me permettent de constater que le suivi est assuré par de jeunes enseignants que je trouve très investis dans leur métier et conscients de leurs responsabilités. Certes, leur expérience, leur environnement et leur origine socio-économique sont peu comparables avec les "instits" de ma génération issus pour la plupart de milieux modestes (ouvriers, paysans, petits commerçants, bref ! la France d'en bas ...). Pour autant, je leur fais pleine confiance pour inventer une école "à leur façon".
Quelle latitude auront-ils pour mettre en oeuvre ce beau projet ?
Limitée, je le crains, au vu des orientations politiques actuelles de notre Président de la République, son gouvernement et son Ministre de l'Education Nationale qui me permettent de partir sans aucun regret, sinon celui de voir se dégrader un peu plus chaque jour les conditions de fonctionnement de notre école de la République. Le nombre de mesures qui frappent l'école publique depuis deux ans est impressionnant. Elles vont toutes dans le même sens: la mise en place d'une idéologie ultra-libérale qui met à mal le Service Public d'Education. Je n'évoquerai qu'un exemple qui me touche particulièrement: la prise en charge des élèves en difficulté. En ajoutant des "heures sup" (hors temps scolaire contraint), voire un "stage de remédiation" (pendant les vacances) ces élèves-là vont être libérés de leurs difficultés. Qui peut le croire ?! Ce dispositif a, selon moi, pour nom "démagogie" et "électoralisme".
Mais je dois arrêter là, avant de passer définitivement pour un "vieux grognon" et avant de dire que, du côté des enseignants et du terrain, il me semble que la capacité et la volonté de résistance a pris un peu de mou, ce qui permet au ministre de jouer sur du velours !
Je souhaite "bon courage" à ceux qui restent et vous salue bien bas en espérant très longue vie au GDID.
Christian Perrin-Toinin
Directeur de l'école d'application Clemenceau - GRENOBLE

Et tous nos remerciements à Christian, membre du GDID depuis ses débuts, pour toute l’aide qu’il nous a apporté. Et tous nos voeux dans cette nouvelle vie qui s‘ouvre à lui…

Odeur de sainteté. J'me marre... J'me marre parce que mon beau frère préféré qui s'occupe de sécurité informatique m'a demandé si je voulais quelque chose du genre meilleure note, passage en hors classe, validation d'un diplôme que je n'ai pas, (tiens, psy sco, par exemple, ç’lui-là, je ne l'ai pas), pour me prouver que la sécurité des données des rectorats et des IA était au même niveau que la protection du logiciel de stockage des melons à Cavaillon.
J'me marre parce que dans notre belle académie nous avons eu une réuni­on (une de plus, gratos) pour expliquer l'utilisation de la clé. Un powerpoint bien fait aurait suffit.
J'me marre parce que certains enseignants ont cru opportun d'exprimer pendant la réuni­on leur opposition politique et revendicative à base élèves, ce qui n'était ni le lieu ni l'endroit, (mais au fait ça se passe où et quand cette expression?) devant des secrétaires de mairies effarés de sentir autant de gauchistes dans les rangs de l'éducation nationale.
J'me marre parce que aucun des deux envoyés du rectorat ne savait à quoi servaient les barettes de l'écran de la clé (chronomètre du temps de vie du code).
J'me marre parce qu’à ma question: "que s'est il passé de terrible ces derniers temps pour qu'on passe subitement à grand renfort de technologie d'un niveau de sécurité ridicule à un degré qui fait très sérieux ? Pour vigipirate, on sait, une vidéo de 30 secondes de Ben Laden suffit pour passer d'orange à rouge, mais là ? Personne n'a pu me répondre.
J'me marre parce qu’au premier souci que j'ai eu avec la clé, j'ai téléphoné à madame clé OTP du rectorat à qui j'ai simplement donné mon nom et celui de mon école, elle m'a gentiment donné un mot de passe tout neuf "spécial pour ceux qui n'ont pas leur clé" : messieurs les cambrioleurs, si vous n'arrivez pas à ouvrir la porte, téléphonez moi, lisez le nom écrit sur la boite aux lettres et je vous dirai quoi taper sur le digicode".
Cette clé est une nouvelle source de perte de temps à l'efficacité des plus foireuses, c'est sans doute pourquoi on a pris l'acronyme de " oh! tes pets!"
Baron Ray de Jarny, dirlo heureux dans l'attente de son (sa) statut (statue)

Allez une bouteille cul sec avant de se remettre aux corrections pour demain ! Moi tout pareil, mon penchant naturel est plutôt peu favorable à la grève et je rage ( je souffre un peu aussi peut-être) de la réputation de notre Ecole Publique et surtout de la nôtre enseignants du public ! En partie grâce au GDID, je ne culpabilise plus de ne pas m'associer aux mouvements de contestation, qui ont même touché notre bon vieux Levézou cette fois-ci. Je pense que, clairement qu'on a l'école qu'on mérite. Aux urnes citoyens! C'est pour moi la seule façon d'agir en conscience de citoyen et, par ricochet, en conscience professionnelle. Fermeture de postes, alignement des effectifs du rural sur ceux du cours simple ou double en ville, suppression d'heures de classe pour tous, programme de maths élitiste pour ne pas dire conçu en dépit du bon sens. La liste est longue, quant à la situation du directeur ... Allez, dans un mois les vacances ! En attendant je retourne à mes corrections.
Nathalie de Trémouilles (12)

Bonjour Et oui, vous avez raison, ils ont été bien difficiles tous ces combats, mais pourquoi donc votre position me rappelle finalement tant celle des syndicats majoritaires (y compris hors éducation) ? A savoir, protester ... mais pas trop quand même, des fois que les parents (ou pire : les enfants !) y trouvent trop à redire. Est-ce parce que vous avez l'impression que les directeurs sont les éternels oubliés des combats de la profession ? Si cette fameuse grève administrative des directeurs de plusieurs années n'a pas donné grand-chose, n'est-ce pas justement parce que vous avez refusé là encore "d'aller trop loin", et notamment oublié d'y associer les autres instits ? Mais je ne suis dirlo que depuis un an (mais comme vous dites, quelle année !), ce qui explique peut-être que j'ai encore un peu de mal à vous suivre sur ce terrain du " dirlo contre le monde entier" que je sens parfois à travers vos articles ... Enfin, ce n'est que mon ressenti que je vous livre au terme de cette année, et je vous remercie de m'en donner la possibilité. Je lis toujours avec intérêt ce que vous écrivez, donc bonne continuation, et bonnes vacances.
Frédéric - Montpellier

Combien de collègues arrivent à passer au barème hors classe ? Que faire pour les anciens instits qui sont passés prof des écoles et pour lesquels la progression d'échelon est ralentie et ceux qui ont une note qui ne leur permet pas de passer au grand choix car il y a de grande différence de notation selon les inspecteurs?
Faisons nous le même métier que l'on soit ancien instit ou prof des écoles ?
Beaucoup d'interrogations sur ces différences de rémunérations et de progressions de carrière, avec le regret parfois de mettre investi dans une fonction de directrice alors que j'aurais du bosser sur le concours externe de prof des écoles. Je serais maintenant au même salaire que mes collègues avec une fonction d'adjointe, alors qu'actuellement je suis au même salaire en tant que directrice avec tout l'investissement que cela engage.
Patricia Dusart directrice du groupe scolaire jules Verne à MONDONVILLE

Je refuse... de désobéir 100% d'accord. Ceci exprime de façon claire et bien écrite ce que je pense (ainsi que mes collègues) et, hasard, était l'objet d'une discussion que j'ai eu avec des parents d'élèves ce matin même.
Continuons à nous battre, dans le respect de la loi.
On peut penser par exemple (ce n'est pas notre cas) que l'aide personnalisée n'est pas adaptée, utile... : essayons de la mettre en place et ensuite on verra si ce n'est pas adapté, utile... Telle est la position prise dans notre école et ma foi cela nous permet de travailler sereinement !
Sans doute le fait que nous soyons une école de "vieux" (quinquas ou presque) et que nous en avons vu (beaucoup) d'autres !
En attendant, bon courage pour cette fin de mois et longue vie au GDID
Mme Aunay, directrice, école maternelle Lamoricière, Nantes

Chargé d'école au sein d'un RPI (3 classes sur 3 sites), je ne m'inscris absolument pas dans ce discours:
Qui débouche les toilettes, qui enlève les morceaux de verre du toit (suite à une tempête), qui instaure des rencontres avec la maison de retraite, qui explique à l'ATSEM, à la femme de ménage, à la cantinière, au cantonnier quelles sont leurs tâches, les oublis, les travaux saisonniers (à rappeler chaque année), si ce n'est l'enseignant qui est sur le poste et accessoirement pour l'instant le directeur. Aux conseils d'écoles, les 3 voix des directeurs sont égales, avec en face de nous 3 maires et une présidente de SIRP.
Qui va trouver le maire rapidement pour évoquer un problème de sécurité?
J'ai du mal à entendre que par rapport à un directeur à plusieurs classes, déchargé, j'ai moins de travail. Un super directeur de site implique forcément un désengagement de tous ces problèmes (notamment de sécurité et de responsabilité), de même qu'un éloignement du centre de décision. De nombreux documents sont à remplir par le directeur, qui ne connaîtrait pas les enfants, puisque sur des sites séparés.
Nos écoles rurales, même petites, restent un vivier d'engagement des enseignants, des parents, du personnel, bien autrement plus important que dans de grandes structures, même si cela implique une autre vision du fonctionnariat.
C'est pour cela que je me bats, et l'hypothèse d'un statut, si elle aboutit à des compromissions de ce type ne me paraît pas être une bonne solution.
Je vous cite:
En ce qui concerne les regroupements d'école, Mr COIGNARD nous fait remarquer que malgré les réticences historiques et les craintes de certaines municipalités de voir disparaître la relation forte école / commune, les consciences progressent et qu'il convient de réfléchir à la masse critique en deçà de laquelle la nature de la fonction n'est plus la même.
Il nous paraît cependant plus pertinent de fixer un « seuil haut » prenant en compte le nombre de sites et les réalités locales afin de ne pas se retrouver avec des hyperstuctures humainement ingérables.
Pour le cas particulier des plus petites unités, il conviendrait de dissocier la forme juridique et les moyens associés.
Si le statut paraît une bonne chose, le regroupement des écoles sur de gros sites impliquerait des déplacements d'élèves beaucoup trop long (1H30 matin et soir, au bas mot) notamment.
C'est pour cette question, que je n'adhère pas encore au GDID, puisque mon type de structure, ma fonction, ainsi qu'une certaine vision de l'école seraient remis en cause.
Très cordialement
Hervé Mielcarek

En réponse :
on est sur le même souci. Le statut des dirlos est une évidence, et chacun d’entre nous aurait à y gagner. Pour ce qui est de l’Ecole Publique, et d’un éventuel statut juridique d’établissement, l’affaire est tout autre. Il y a en particulier, comme vous le signalez, la question de la taille, du risque d’éventuels regroupements dénaturant le rôle premier de l’école, celui d’un service public de proximité. Nous n’aurions rien à y gagner. C’est bien le sens des propos tenus par notre association au ministère. L’école rurale est une question à part, qui implique en son devenir bien d’autres domaines, tel l’aménagement du territoire. Il doit y avoir un traitement tout particulier envers l’école rurale. C’est pour cela que nous portons attention aux évolutions actuellement en cours dans de nombreux départements, consistant à ne pas modifier les RPI existants, mais à les doter d’une direction unique.

Comme je vous l'avez déjà signalé, je suis EVS à Orléat et je dépend du Collège G. ONSLOW de LEZOUX, nous sommes en tout 12 EVS dépendant de ce collège, répartis dans des petites écoles et nous avons appris il y a environ 2 semaines que nos contrats n'étaient pas renouvelés. Nous n'avons rien reçu, c'est simplement la personne qui est EVS au collège qui nous a informé par mail que l'IA ne renouvelé pas les contrats au 30 juin. Nous sommes à 15 jours de la fin de notre contrat et nous sommes toujours là a attendre de recevoir au moins un courrier "de remerciement de nos services depuis 3 ans". L'attente est surtout pénible et angoissante et comme chaque mois de juin depuis 3 ans nous finissons l'année scolaire avec le cœur triste et le ventre noué. Personnellement, je garde un petit espoir grâce à vous, mais en ayant peur d'être tellement déçue.
Mais encore une fois, je vous remercie vraiment pour tout ce que vous faites pour nous.
Cordialement.
I.BUISSON.
SKOL AN DIAOUL (L'ECOLE DU DIABLE....)
Pour terminer l’année…
Je pourrais vous parler de l’archevêque de Récife (Brésil) qui a excommunié la mère d’une fillette de 9 ans, ayant avorté de jumeaux dont elle était enceinte, après avoir été violée par son beau-père. Excommunication étendue aussi à l’équipe médicale ayant pratiqué l’IVG, mais non appliquée au beau-père…
Je pourrais vous parler de cette ville où les Loubavitch fréquentent la piscine publique où se rendent les élèves des écoles, sauf le Jeudi. Le jeudi, faut changer l’eau impure pour que ces saints hommes fassent trempette, puis vider ensuite la piscine, afin que les mécréants ne profitent pas d’une eau chlorée, mais sanctifiée…
Je pourrais vous parler d’un ayatollah en Iran qui a décrété que les manifestants étaient « mohareb », c’est-à-dire « ennemis de Dieu ». Peine prévue pour les mohareb ? La mort…
Je préfère vous signaler que Malia, 15 ans, ancienne élève de l’école, n’est pas revenue au collège après les vacances de Pâques. Elle a été mariée, au pays, de force. « C’est la tradition, dans notre religion… »
Il y a encore pas mal de boulot pour l’école du Diable
L'ANNEE TERRIBLE DES DIRECTEURS
Non pas celle de Victor Hugo, qui parlait de 1871, m’enfin, toutes proportions gardées, cette année que l’on vient de vivre n’aura pas été triste…
Pas triste pour l’Ecole Publique, on s’en doute, mais pas triste pour ses dirlos, on le sait moins…
A en reprendre quelques points, en un inventaire à la Prévert :
Les nouveaux programmes…
Ils firent couler beaucoup d’encre. Ils étaient trop ceci, pas assez cela, rétrogrades et inapplicables, sournois et vicelards. Toutes choses belles et bonnes, mais un petit oubli : ces nouveaux programmes, il a bien fallu les décliner, les faire connaître, les mettre en ?uvre, les articuler aux Projets d’Ecole, etc…, etc…
Pas mal de travail pour les dirlos…
L’aide personnalisée…
D’accords ou pas, on a dû s’y coller et ces 60 heures de soutien auront coûté bien plus d’heures aux équipes. Au détail près que, pour les dirlos, la tâche était double : participer au dispositif et le mettre en place, de toutes pièces. Sans compter les multiples enquêtes à répondre pour hier , les jolis tableaux excel à tenir, le pointage des heures et des minutes de chacun, tous labeurs pour lesquels il aurait bien été normal que l’on nous dispense de ces fichues 60 heures.
Non, une corvée de plus pour les dirlos…
Le SMA…
Autre nouveauté de cette année terrible, le Service Minimum d’Accueil. Bien sur, il dégrade le droit syndical, il met en devoir les communes de régler les problèmes sociaux de l’état, bien sur… Tout a déjà été dit à ce sujet…Ce qui a moins été signalé, c’est une petite réalité très prosaïque : entre les retours des déclarations préalables, la communication envers mairie, parents, IEN, l’établissement des listes de signatures pour le lendemain, il y a une personne dans l’école, qui a été pas mal mise à contribution. Devinez qui ?
Du taf en plus pour les dirlos…
Les évaluations…
Au-delà du débat sur leur utilité, leur conception, les dangers qu’elles représenteraient pour l’Ecole Publique, un fait a été moins souvent relevé, celui des primes octroyées aux collègues des classes concernées par ces évaluations.
Sans porter le moindre jugement de valeur, on constate, à plat, que cela relève d’une idéologie « du mérite », qui tend à récompenser financièrement tout travail supplémentaire…
Mais un détail blesse ce beau raisonnement. Si les collègues adjoints touchent effectivement une prime pour corriger ces évaluations, il y a d’autres collègues, qui établissent les fichiers de résultats, les mettent en ligne à grands renforts de jolies clés OTP, et, le tout, gratuitement…
Pas grave, c’est un peu plus de boulot pour les dirlos….
Les EVS…
Chacun s’accorde à constater le gâchis humain que représenterait leur départ. On voit même certain syndicat qui appelle aujourd’hui à manifester pour ces EVS, lui qui refusait hier leur embauche et demandait aux dirlos de ne pas siéger aux entretiens de recrutement. Au-delà de ces tristes Tartuffes, reste le scandale de voir ces personnels ne pouvoir bénéficier d’un renouvellement de leurs contrats. Un petit détail souvent ignoré : les EVS sont formés sur postes par les dirlos, qui organisent leur travail. Pas grave, un petit turbin de plus pour les dirlos…
Le stages de remise à niveau…
On ne reviendra pas là-dessus, mais il faut quand même signaler que le ministère a été bien plus clair à ce sujet que nos IA veulent bien l’avouer. Il y a une personne qui, présente ou non, encadrant le stage ou pas, est et reste responsable, c’est la directrice, c’est le directeur…
Un petit job de plus, pendant les vacances…
Les clefs OTP…
Des milliards investis pour sécuriser Base-Elève d’abord, l’accès aux différents sites institutionnels ensuite. Et des dizaines de milliers de collègues tenus désormais de se balader avec cette fichue clé, de l’utiliser au passage, histoire de compliquer plus encore notre métier.
Pas grave, on a l’habitude, c’est un petit labeur de plus pour les dirlos…
Les RASED…
La suppression de plusieurs milliers de postes de Rased aura des conséquences désastreuses pour le devenir de l’Ecole. Quel que soit le bilan que l’on tire des Rased et de leurs insuffisances, les supprimer et ne rien mettre à la place ne peut se faire sans casse pour les élèves
Moins signalé, mais réel pourtant, les difficultés supplémentaires pour les dirlos qui auront désormais à multiplier les démarches pour arriver à tenir les équipes éducatives, entre les Rased absents, la MDPH lointaine, les médecins scolaires en galère et l’obligation, pour nous, d’arriver cependant à faire jouer à l’école tout son rôle.
Une besogne de plus…
L’accompagnement éducatif…
Mis en place cette année dans les écoles ZEP, il devait être étendu à l’ensemble des écoles à la rentrée 2009. Ce qui ne se fera pas, compte tenu du démarrage catastrophique du dispositif. On en a peu parlé, mais il faut bien dire qu’il y a, dans l’école, un gugusse qui ne touche pas un centime, ne participe pas obligatoirement à cet accompagnement éducatif, mais en reste quand même le responsable et le garant, pour tous problèmes, tous pépins et toutes emmerdes diverses, et ce, jusqu’à 18 h. Vous ne devinez pas de qui il s’agit ?
Bien sur, ce n’est qu’un petit ouvrage de plus pour les dirlos…
Ayant commencé avec Hugo, on finira par lui, et par quelque lignes de son « Année Terrible », qui donne mieux à comprendre ce qu’est une directrice, un directeur d’école aujourd’hui :
« …Cet homme étant le crime, il était nécessaire
Que tout le misérable eût toute la misère,
Chacun se donne à tous et nul ne songe à soi.
Nous sommes sans soleil, sans appui, sans effroi.
Tout ira bien pourvu que jamais on ne dorme…. »

  


Posté le Samedi 05 septembre 2009 à 08:49:59 par webmaster
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